Agriculture

Culture du manioc : L’Afrique centrale se mobilise

mercredi 25 janvier 2017

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Culture du manioc : L'Afrique centrale se mobilise

Gilbert Nakweya

Lecture rapide
- Le manioc pourrait renforcer la sécurité alimentaire en Afrique centrale
- Un nouveau forum régional vise à discuter des enjeux de la culture du manioc
- Un expert encourage l’investissement dans le secteur pour améliorer sa chaîne de valeur

Un nouveau forum régional sur le manioc en Afrique centrale ambitionne de faciliter le dialogue entre parties prenantes afin de renforcer la valeur ajoutée de la culture du manioc.

Les ministres de l’agriculture et du développement rural du Cameroun, de la République centrafricaine et du Gabon sont optimistes quant au fait que l’agriculture pourrait transformer la région en une économie semi-industrielle, avec le manioc comme fer de lance.

Lors des travaux de ce premier forum bisannuel organisé au Cameroun le mois dernier (6-9 décembre), les responsables gouvernementaux des trois pays ont eu des entretiens avec des experts agricoles, des décideurs politiques et des petits exploitants.


“Ce forum est très important dans la mesure où il nous aide à relever les défis auxquels est confrontée une culture qui est particulièrement importante pour les ruraux pauvres.”
Ananga Messina
Ministère de l’agriculture et
du développement rural - Cameroun


Le forum biennal vise à rassembler les individus et institutions concernés dans la chaîne de valeur du manioc pour discuter des défis et des opportunités de la culture du manioc, notamment au Cameroun, en République centrafricaine, au Tchad, au Congo, en République démocratique du Congo et au Gabon.

Le forum a été organisé par le Centre technique de l’Agriculture et de la Coopération rurale (CTA) basé aux Pays-Bas, en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et l’Institut international pour l’agriculture tropicale.

Les ministres, lors des différentes sessions du forum, ont noté que le manioc est une culture très importante qui pourrait aider la région à accroître sa sécurité alimentaire grâce à une production accrue.

Ils ont exhorté les chercheurs et le secteur privé à favoriser le transfert et l’adoption de nouvelles technologies par les petits exploitants, afin de leur permettre de surmonter des défis tels que le changement climatique.

"Ce forum est très important pour nous aider à relever les défis d’une culture qui est importante, en particulier pour les ruraux pauvres", a déclaré Ananga Messina, ministre déléguée auprès du ministre de l’Agriculture et du Développement rural du Cameroun.

Ananga Messina encourage les industries de l’hôtellerie à veiller à ce que les repas à base de manioc soient servis dans leurs restaurants et dans leurs hôtels pour aider à accroître les marchés pour les agriculteurs. Elle ajoute que le prochain forum qui se tiendra en 2018 en République centrafricaine devrait traiter des pertes après récolte dans le traitement du manioc, ce qui reste un défi majeur dans la région.

Mais la ministre a également demandé aux pays participants d’organiser des forums nationaux avant le forum régional pour discuter des défis et des opportunités au niveau national, dans le but d’assurer la durabilité de l’initiative.

Vincent Fautrel, coordinateur principal des chaînes de valeur agricole au CTA, explique à SciDev.Net que "le manioc est associé depuis longtemps aux populations rurales pauvres mais il a le potentiel de transformer les économies."

Vincent Fautrel exhorte par ailleurs la région à augmenter les investissements dans la récolte parce qu’elle a contribué à stimuler la production agricole au Ghana et au Nigeria.

Il a en outre estimé que le forum pourrait aider à changer la perception du manioc et à améliorer sa chaîne de valeur.